Agriculture et alimentation locale à Valbonne : des chèvres et un bonnet d’âne

Bilan énergétique de l’alimentation

Il y a bien longtemps, le bilan énergétique de l’alimentation était le suivant : nos ancêtres chasseurs-cueilleurs dépensaient en moyenne une calorie d’énergie (lorsqu’ils cueillaient les fruits dans un arbre ou chassaient du gibier) pour obtenir une calorie de nourriture. Avec la sédentarisation et le développement de l’agriculture, ce bilan a lentement augmenté au fil des âges, jusqu’à atteindre 4 calories d’énergie dépensées pour une calorie de denrées arrivant dans la cuisine en 1950.
En 2020, ce nombre – dans les pays dits développés – est passé à 28 calories injectées dans le système agro-alimentaire pour produire une calorie consommable, soit 7 fois plus qu’en 1950 ! (source : ADEME). Cette évolution fulgurante montre à quel point notre alimentation est devenue dépendante des énergies fossiles, qui sont présentes tout au long de la chaîne de production : engrais, pesticides, machinerie agricole, transport sur de longues distances, conditionnement, et à nouveau transport vers la destination finale, parfois très lointaine.
La crise du Covid-19, avec les pénuries passagères de certains aliments que nous avons tous pu constater, a illustré la fragilité́ de cette organisation. Il parait sage d’envisager une évolution vers une production et une consommation plus locales et ainsi plus résilientes, face aux crises futures qui ne manqueront pas de se produire, au premier rang desquelles se trouve le changement climatique. En raison de son impact sur le rendement, et parfois sur l’existence même des zones de production, celui-ci va lourdement peser sur notre système alimentaire.

La situation locale

Qu’en est-il actuellement au niveau de notre territoire ? L’activité agricole hors oliveraies est quasi-absente du territoire de Valbonne. Ce n’est pas le cas de ses voisines : Mouans-Sartoux possède déjà une régie municipale de 6 ha, mais l’objectif affiché est de 112 ha à terme. Châteauneuf dispose de 4.2 ha certifiés en maraîchage bio. La mairie de Biot vient tout récemment d’annuler le projet Saint-Éloi pour implanter un verger sur ce terrain. L’objectif affiché dans le dernier PLU du Rouret est de parvenir à 11% de SAU (Surface Agricole Utilisée).
Seulement trois types de productions sont reconnus pour Valbonne dans les documents de la chambre d’agriculture PACA : olives, raisin et fromages de chèvre. Aucune production de maraîchage n’est répertoriée, bien que deux activités existent, sur une surface d’un hectare (représentant 0,05% de la surface de la commune !), dont 0,6 hectare dans les anciennes serres de l’INRA, derrière la chèvrerie ; mais cette production est gérée par l’association Mouansoise des « Jardins de la Siagne ». Celle-ci ne bénéficie d’ailleurs pas du soutien qu’elle mériterait de la part de la mairie. Après quatre années d’activité pérenne, elle ne dispose toujours pas d’électricité sur le site malgré des promesses récurrentes. De plus, se prépare l’installation d’une antenne relais de téléphonie à quelques mètres des serres, sans aucune concertation préalable avec les permanents travaillant là.
Si on regarde un autre volet important de l’alimentation locale dépendant de la mairie, celui des cantines, la situation n’est guère plus reluisante. Les repas distribués arrivent chaque jour par « liaison froide » car ils sont cuisinés à … 69 km de Valbonne, à Draguignan ! Cette distance considérable fait de notre commune – et de loin ! – le plus mauvais élève de la CASA en terme de localité du circuit alimentaire scolaire.
Cet état des lieux peu flatteur montre que les mandatures précédentes ont, pour le sujet de la production et de l’alimentation locale, manqué singulièrement de vision à moyen et long terme.

Les perspectives

Il est clair que l’autonomie alimentaire totale pour Valbonne n’est pas un objectif d’actualité. Sachant qu’un hectare de terres cultivées peut nourrir en moyenne 50 personnes à l’année, il conviendrait de disposer, pour l’ensemble de la population valbonnaise actuelle, d’une surface de 220 hectares de terres fertiles, qui sont non disponibles sur les 1897 hectares de surface de Valbonne. L’autonomie alimentaire au niveau de la commune ne va pas non plus dans le sens des stratégies souhaitées par les instances locales. En effet, les ressources seront mutualisées avec les autres communes voisines, ou au niveau de la CASA, comme le préconise le Plan Alimentaire Territorial (PAT). Par exemple, Valbonne dispose d’un surplus d’oliveraies qui équilibrera une production maraîchère moins importante.
Ceci dit, notre commune est pour le moment à la traîne en matière d’agriculture et d’alimentation locales. Qu’est- il possible de faire pour améliorer cette situation ?

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