Quelles solutions pour les algues dans nos rivières ? Un engagement d’analyses mensuelles en aval de la station d’épuration des Bouillides a été acté jusqu’en octobre par le service départemental.

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Deux causes sont à l’origine de la prolifération des algues sur nos rivières, comme l’a indiqué l’ingénieure territoriale du syndicat gestionnaire de rivières départemental (SMIAGE), qui vient de se déplacer sur notre commune, et souhaitait observer ce phénomène dans la Bouillide mais également sur la Brague, au pont des Tamarins :

  • D ‘une part, il est avéré, études à l’appui, que les rejets des stations d’épuration (STEP) ne peuvent être dilués réellement que durant quelques mois, novembre notamment, du fait de l’à-sec récurrent de ces cours d’eau.
  • D’autre part les algues prolifèrent au soleil du fait du manque d’ombrage, depuis la crue de 2015 qui a emporté une partie de la végétation riveraine.

En ce qui concerne la première cause, les analyses trimestrielles indiquent que la station d’épuration des Bouillides ne parvient guère à traiter la famille des nitrates (voir sur la carte jointe, qui provient du rapport d’analyse régional de 2019, l’indicateur rouge pour la qualité physico-chimique). Par contre, les phosphates ne sont pas retrouvés dans les analyses faites en périodes de débit nominal.

En amont de la confluence avec la Bouillide, au pont des Tamarins (voir photo jointe), les algues observées sur la Brague correspondent aux taux parfois élevés  de phosphates (et ammoniums) retrouvés dans les analyses de la station d’épuration de Châteauneuf.

Des pistes d’amélioration spécifiques pour ces deux stations peuvent donc déjà être envisagées, sachant que par ailleurs, le technicien expert de l’équipe a prévenu qu’il n’existe pas de solution miracle pour lutter contre les algues ou les mousses proliférant dans les cours d’eau. Il est nécessaire de traiter les causes profondes, plutôt que se focaliser sur l’arrachage qui risquerait surtout de détruire les substrats. Ces algues réapparaitront en quelques jours, un peu comme dans un aquarium déséquilibré.

Cette campagne d’analyses mensuelles facilitera l’émergence de solutions et la réalisation des investissements pour les mises à niveau des stations d’épuration, qui seront obligatoires dans un futur proche. E. Deborde, participant à cette visite – et dont les actions sur l’eau ont souvent réussi en faisant cause commune entre associations et services (Foulon, arrachage des invasifs, amélioration des données…) – espère qu’à présent ces données vont « remonter » dans les différents services, et permettre de faire émerger une proposition globale pour résoudre le problème très complexe de la station des Bouillides.

Il faut préciser qu’en ce qui concerne la Bouillide elle-même, la situation est aggravée par le fait qu’une des principales sources de cette rivière est majoritairement captée en amont par le Golf de Mougins, en toute légalité. Une solution innovante, déjà proposée lors de la marche pour le climat, serait d’arroser le golf non pas avec de l’eau de source mais avec l’eau de rejet de la station d’épuration. Les techniciens rappellent que cette station à la charge colossale d’épurer les eaux de plusieurs communes (Valbonne, Opio, Le Rouret, ainsi que Sophia). Au regard des effets récurrents sur l’environnement, la décision historique de placer cette installation majeure sur une rivière au débit aussi peu adapté laisse perplexe.

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